Entrevistita à Sol Bustelo

///////////// ¤ SOL BUSTELO ¤ ////////////
Gz- Qu'est-ce qui vous fatigue dans le milieu du Tango ?
SB-
Le manque de mémoire. On parle toujours de « L’Histoire du Tango », mais on oublie toujours l’histoire quotidienne… qu’un jour nous avons tous appris à danser, qu’il y a des histoires merveilleuses et d’autres plus cruelles.
La misogynie me fatigue ; et encore plus quand elle est véhiculée par des femmes.
Gz-Où et avec qui avez-vous découvert le Tango ?
SB- Ma première découverte du tango s’est faite par la musique, à la maison, avec les disques de mon père. Mes grands parents avaient dansé le tango quand ils étaient jeunes, et après ils l’écoutaient seulement. C’est ainsi qu’ils m’ont amenée écouter Piazzolla à Punta del Este quand j’étais enfant.
Après, il y a eu la danse. Et c’est encore une histoire de famille car avec ma sœur Mariana nous dansions entre nous un tango pas codifié… Le matin, j’allais à l’école publique sous la dictature ; l’après-midi on retrouvait la liberté de la danse à la maison. Le tango nous permettait de nous exprimer.
La découverte du tango, tel que je le danse maintenant, c’est au Salon Canning en 1991 grâce à ma mère. En effet, je suis allée la chercher à la milonga, et c’est là que j’ai découvert cet univers.
Gz- Pour vous où se joue l'avenir du Tango ?
SB- L’avenir du tango est dans le bal : un bal où nous sommes tous protagonistes, où il y a la place pour tous au delà de nos différences. Le bal comme une célébration, un espace pour aller à la rencontre de l’autre, opposé à l’individualisme ambiant.
C’est aussi l’éloge du vécu, de l’expérience qui s’exprime dans un monde qui privilégie la jeunesse et les résultats à tout prix. Un espace où on peut laisser le temps passer en regardant des couples danser.
Gz- Un bon et un mauvais souvenir de Tango ?
SB-Un bon souvenir : les belles rencontres avec des gens qui, parfois, sont devenus des grands amis.
Un mauvais souvenir : je préfère de ne pas l’évoquer.
Gz- 3 Tangos / 3 orchestres / 3 danseurs ou danseuses ?
SB-
Tangos: « La yumba », « Bien Pulenta », « La Cumparsita ».
Orchestres : Osvaldo Pugliese, Juan D’Arienzo, Carlos Di Sarli.
Danseurs ou danseuses :
Don Camilo (de Canning), parce qu’il m’a dévoilé un monde.
Pepito Avellaneda, par son humour et sa générosité.
Mariana Bustelo, par notre complicité qui nous donne la liberté de changer de rôles.
Gz- Quelle est la meilleur manière de terminer une Milonga ? Choisissez :
a)
con los pies doloridos de tanto bailar
b)
buscando un after
c)
DESAYUNANDO, con amigos, por ejemplo
d)
con alguien
e)
otra, precisar.......................
C’est quand on a tellement bien dansé que l’on n’a pas envie de partir !
Sol BUSTELO
www.bustelo-tango.com








