Entrevistita à René Bui

Entrevistita à René Bui

Gz- Qu'est-ce qui vous fatigue dans le milieu du Tango ?
RB- Je dirais que parfois il y'a un manque d’attention dans le rapport humain. Par exemple et pour n'en citer qu'un, j’ai l’impression que sous prétexte d’être en milonga et de danser un tango, certains danseurs ont un comportement irrespectueux envers les femmes qu’ils n'auraient pas dans la vie. J’ai le sentiment que les hommes ont tendance à enlacer une danseuse dans leurs bras et non pas une femme. Dans la vie, si on discute pour la première fois avec une femme, on fait attention à ses gestes, on soigne un petit peu ses propos. Ce respect s'efface parfois en bal quand les hommes, parce qu’ils sont là pour danser, ou parce qu’ils ont un bon niveau de danse se permettent de faire des remarques, d’être agacé parce qu’elle n’a pas fait tel ou tel pas etc... Une des raisons est me semble t’il que dans la vie, on conserve toujours un espace intime autour de soi, mais qu’en milonga cet espace n’a plus le même sens. Un abrazo fermé avec une personne que l’on ne connaît pas, c’est dans la vie l’étape APRES la première rencontre mais en milonga c’est souvent la PREMIERE étape.

Gz- Où et avec qui avez-vous découvert le Tango ?
RB-  J'ai commencé le tango en mars 2003, à Bordeaux et par hasard. A l'époque, j'avais accepté d'accompagner une amie qui souhaitait découvrir cette danse. J'y suis allé et dès les premiers cours j'étais complètement absorbé. A la fin de chaque cours je pensais systématiquement qu'il fallait attendre une semaine pour continuer. Je venais de découvrir quelque chose d'extraordinaire… Au bout de quelques mois j'ai suivi les cours avec Julia et Andres Ciafardini sur Bordeaux et des stages dans la région avec Chicho et Fabian Salas.

Gz- Pour vous où se joue l'avenir du Tango ?
RB- L’avenir du tango se joue dans le plaisir de la découverte et le renouvellement. Je ne parle de style de tango ou de technique évidemment. Je parle du bal. C’est comme dans la vie, j’imagine que personne n’aimerait avoir la même conversation, avec la même personne tous les samedis, dans le même restaurant ! Et avec le même serveur :) Pour qu’un plaisir reste un plaisir il doit être renouvelé. On doit avoir le sentiment que d’une soirée à une autre, on ne vit pas les mêmes choses ! Sinon, il y a une forme de routine qui s’installe où on sait qu’on va aller tel jour à la milonga mais sans trop savoir pourquoi finalement. Le tango est une EAU VIVE et non une EAU STAGNANTE. Tant qu’il y aura des personnes vivantes de l’intérieur et qui ont plaisir à danser, le tango perdurera.

Gz- Un bon et un mauvais souvenir de Tango ?
RB- Un bon :
Danser avec Florencia à la sortie du Latina, dehors, en plein hiver, à 3h du matin, avec nos gros manteaux et en guise de musique un téléphone portable. Alors que j’avais toute la soirée au Latina pour l’inviter mais je n’avais pas osé !

Un mauvais :
Quand j'ai réalisé que j'avais plus de plaisir à m'exprimer à travers le tango que je dansais depuis deux ans, qu'à travers la batterie que je pratiquais depuis 18 ans.

Gz- 3 Tangos / 3 orchestres / 3 danseurs ou danseuses
RB-  En choisir 3 est injuste pour les 4000 autres. C’est une question de moment, aujourd’hui c’est :

- Cascabelito de Pugliese, Nada de Di Sarli (il me fait furieusement penser à Buenos Aires) et un moderne" A Evaristo Carriego" de Color Tango.
- Tipica Victor, Miguel Calo, Juan d’Arienzo
- Gaston Torelli Y Moira Castellano, Sebastian Arce et Mariana Montes et Florencia Garcia :)

Gz- Quelle est la meilleur manière de terminer une Milonga ? Choisissez :

a)
Les pieds douloureux après avoir tant dansé
b) A la recherche d'une "after" pour continuer.
c) En allant prendre un petit déjeuner.
d) Avec quelqu'un
e) Autre, (précizez) :

La meilleure manière de terminer une Milonga c'est de rentrer avec ses amis, son mec, sa femme, son père, son frère, sa tante, sa maitresse :), bref rentrer avec des gens qu'on aime.

www.reneflorencia.com